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Antiquité – Le Sort des Esclaves

Antiquité – Le Sort des Esclaves
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Comme dans toutes les cités antiques, Rome a conçu un Etat de droit civique qui se fondait sur l’inégalité des classes sociales.

esclavesLe principal droit des citadins, le droit à la liberté, était en liaison directe avec la condition de citoyen romain et, par extension, était reconnu à des citoyens d’autres communautés ayant avec Rome des rapports officiellement établis par traité.

Pour tout autre habitant, l’état de droit n’existait pas. En revanche existait à Rome, pour tout résident, l’obligation de contribuer par le travail à la vie de la communauté.

C’est ainsi que les prisonniers de guerre, ramenés à Rome avec le butin, constituaient le plus grand nombre des esclaves soumis à l’obligation du travail.

Etaient également réduits à l’état d’esclave les personnes endettées non solvables. Pour ces cas, cependant, le remboursement des dettes faisait retrouver la condition d’homme libre.

 

 

esclaves_march_boulangerLa Rome antique avait institué l’esclavage d’une façon limitée.

Mais la période républicaine vit se développer cette utilisation de l’homme par l’homme, en toute possession, avec droit de vie et de mort.

Au cours des trois Guerres puniques contre Carthage et particulièrement à compter de la seconde guerre, le développement de l’esclavage prit une ampleur croissante. L’afflux exceptionnel des hommes réduits à la servilité transforma profondément la société romaine par l’arrivée de cent mille prisonniers.

Après la chute de Carthage en 146 avant J.-C. : cinq cent mille; après la victoire sur la Macédoine : cent cinquante mille; quatre vingt mille en Sardaigne.

En cent ans, le nombre des prisonniers des deux sexes atteignit le million d’individus y compris ceux que les pirates et les trafiquants d’Orient et de Grèce apportaient sur le marché.

Les esclaves amenés pour être vendus avaient les pieds peints en blanc pour empêcher toute possibilité de fuite. Ils portaient un collier de métal indiquant le nom gravé de leur propriétaire. Un écriteau placé à leur côté indiquait l’origine, l’âge et les aptitudes. Les prix d’acquisition variaient selon les possibilités de l’offre, selon l’âge et le sexe, selon la condition physique, selon la qualification.

Beaucoup étaient affectés à l’élevage industriel du bétail du domaine de l’Etat Romain, qui nécessitait une importante main d’oeuvre, à la culture des céréales, de la vigne, aux oliveraies, à la coupe des bois, au travail des métaux, à la taille des pierres, à l’entretien des écuries, des serres, des caves, des dortoirs des ouvriers.

Les esclaves étaient parqués la nuit dans des baraquements.

Au service domestique des citadins, ils pouvaient être mieux traités.

Ils ne recevaient aucune rétribution. Mais le travail de l’homme libre était peu payé et son niveau de vie extrêmement modeste ne s’élevait guère au-dessus de celui de l’esclave.

Le prix de revient d’un travailleur libre était à peine le double de celui d’un travailleur servile.

Le propriétaire d’un esclave avait le droit de l’affranchir de sa condition, c’est à dire d’en faire un homme libre. Il était alors simplement soumis à une taxe.

La condition pénible d’être privé de tout droit fut allégée sous l’Empereur Hadrien (117-138) qui restreignit le droit de vie et de mort qu’un maître avait sur l’esclave et le réduisit à des circonstances précises.

Il fut interdit également à un maître de livrer une femme esclave à la prostitution.

Les idées nouvelles venues du monde hellénique modifièrent l’attitude générale des Romains à l’égard du personnel servile.

Dès le 1er siècle de notre ère, sur les écrits des philosophes, on se mit à se convaincre que tout homme libre ou esclave était esclave du destin, que les maladies et la mort accablaient sans distinction d’origine.

Ainsi, dès avant l’imprégnation du christianisme, l’inclination vers une fraternité se dessinait.

Les grandes révoltes serviles contre le pouvoir de Rome furent rares au cours de la République et de l’Empire.

esclaves_spartacusLe plus célèbre des esclaves en rébellion contre l’Etat fut Spartacus, mort en 71 avant Jésus-Christ.

C’était un ancien berger, recruté dans une école de gladiateurs, à Padoue, dont il s’échappa avec 70 de ses compagnons pour appeler les esclaves aux armes.

Il réussit à soulever plusieurs milliers d’hommes, défia les armées romaines et sema le trouble dans toute l’Italie.

Il fut vaincu et tué à la bataille du Silare, en Lucanie, dans le golfe de Tarente, par le général Crassus.

Ce fut la plus grave et aussi la dernière des grandes révoltes serviles.