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Gianbatista Tiepolo, le maître du 18e

Gianbatista Tiepolo, le maître du 18e

Peintre, décorateur, graveur, Gianbatista Tiepolo est né à Venise en 1696 et mort à Madrid en 1770. Il naît dans une famille de marchands.

En 1719 il épouse Cecilia, la soeur des deux peintres Guardi. Le couple aura neuf enfants. A moins de vingt ans, il a déjà l’autorité d’un peintre accompli, célèbre et adulé.

tiepolo_triomphe_floraIl recherche d’abord l’influence de Piazzetta, peintre aquarelliste, mais son premier maître sera Lazzarini.

Il élabore vite ses propres goûts, suit sa propre sensibilité, ses propres intonations coloristes; il fait preuve rapidement de génie et devient bientôt le véritable chef de file de l’Art vénitien du 18e siècle.

Sa renommée s’étendra sur toute l’Europe, en ce qui concerne surtout la grande peinture décorative murale. Il en sera le symbole absolu.

Il interprète avec brio l’esprit des salons, la culture champêtre, le théâtre léger, ayant assimilé très tôt, sur le plan figuratif les caractères grandioses du 18e siècle.

A trente ans, de nombreuses commandes lui parviennent, tableaux religieux, fresques bibliques, mythologiques, allégoriques.

Il s’affirme rapidement comme le plus grand décorateur de son époque.

On reproduit toutes ses oeuvres en copies et estampes multiples.

En 1724 il peint Le Triomphe de l’Eloquence au plafond du palais Sandi dans une composition lumineuse.

En 1725, il décore le palais Dolfin de grandes compositions romaines, et en 1726 la cathédrale d’Udine.

En 1731; il offre à la chapelle Colleone de Bergame une Décollation de Saint Jean Baptiste.


tiepolo_procurateurSa maturité artistique lui fait admirer les thèmes de Véronèse dont il reprend et poursuit l’oeuvre dans les magnifiques villas palladiennes.

De 1737 à 1739 il travaille, à Venise, au plafond et au choeur de l’église des Gesuati. Les trois scènes principales, peintes à fresque (sur enduit frais) concernent la gloire de Saint Dominique.

De 1740 à 1745, après avoir refusé la proposition du roi de Suede pour la décoration du Palais Royal, il peint à l’église des Scalzi, la Sainte Demeure de Loretta qui sera détruite pendant la guerre de 1914-1918. Il travaille aussi à la Scuola dei Carmini.

En 1746-1747, au palais imposant Labia, il réalise, pour le hall principal le plus important ouvrage de l’art décoratif vénitien du 18e siècle, l’Histoire et le Banquet d’Antoine et Cléopâtre. C’est le modèle le plus élégant, dans le thème historique, qui illustre la scènographie baroque, sur fond rococo.

Les scènes sont présentées avec fantaisie, raccourcis audacieux, trompe-l’oeil aériens, envols légers, dans une gamme lumineuse de bleus, de roses et de jaunes.

Pour Saint Alvise, il donne une Passion qui révèle tout son lyrisme dramatique.

Il arrive à ne pas négliger ses gravures où il montre toute son originalité imaginative, ni ses portraits d’une brillante et méticuleuse observation.

Ses petits tableaux de collection et ses eaux-fortes, qui représentent une partie mineure de son oeuvre, éclairent cependant un des aspects les plus profonds de l’artiste.

tiepolo_valmarenaEn 1750 il part à Würzburg en Franconie avec deux de ses fils, Giandomenico et Lorenzo, pour réaliser la commande du prince-évêque. Il peint dans le grand salon du palais L’Histoire de Barberousse et dans le grand escalier d’honneur Le Grand Théâtre du Monde.

Ce sont ses oeuvres les plus célèbres par l’ampleur et la qualité de son travail artistique.

Revenu à Venise, il peint à fresque l’église de la Pieta et le grand salon-portego du Palais Rezzonico, (1757).

En Vénétie, il assure la décoration du palais palladien Pisani, à Stra, près de Padoue (1761-1762) et de la villa Valmarena près de Vicence (1757).

Il préside à la fondation officielle d’une véritable Académie artistique de Venise et à ce titre accepte les commandes des cours de France, d’Angleterre et de Russie.

En 1762, le roi d’Espagne Charles III lui demande de décorer le palais royal de Madrid et l’église San Pascual d’Aranjuez. Il y dessine de vastes architectures comme le faisait Véronèse dont il s’inspire, notamment pour les personnages féminins somptueusement vêtus.

tiepolo_valmarena2Sa dernière évolution de couleur tend vers la limpidité cristalline, le jeu de lumière glaçant les reflets des étoffes et des drapés.

Vers la fin de sa vie, il est confronté au courant du néo-classicisme du peintre allemand Mengs qui bannit les couleurs vives en s’inspirant de Raphaël. Ce peintre travaille comme Tiepolo à Madrid aux commandes royales de Charles III et engage les hostilités contre l’artiste vénitien.

Les tableaux de Tiepolo seront décrochés puis dispersés à sa mort. On les retrouvera plus tard au musée du Prado.

Mais son message de la couleur ne disparaît pas. Au contraire, il sera repris plus tard par Goya qui en nourrira sa peinture espagnole, au siècle suivant, à Madrid.

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