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La Rome baroque

La Rome baroque

L’art Baroque s’est déjà manifesté. Dans ses débuts, il donne une de ses oeuvres les plus caractéristiques, l’église du Gesù, sous le pontificat de Pie V. Ce mouvement artistique a pris naissance sous l’impulsion du concile de Trente qui désirait utiliser au profit de la religion catholique les prestiges de l’art.

La nouvelle esthétique a pour intention de séduire l’oeil par la magie des couleurs, le choix des matériaux les plus riches, les plus chatoyants.

Dans ce désir de l’Eglise de briller, face à l’austère courant protestant, l’art baroque trouve ses meilleures conditions de développement.

L’afflux continuel des richesses du monde chrétien, le prestige des chefs-d’oeuvre, qui incitent les plus grands artistes et attirent les étrangers, feront naître une importante action de propagande, procurant à Rome la réputation de centre d’un art nouveau, rapidement répandue dans le monde entier.

Rome devient baroque, séduisant par les « spectacles » infiniment variés qu’offrent les églises et les palais, par les prodigieuses techniques, la virtuosité des décorations de toutes couleurs, que réalisent les peintres, les sculpteurs, CaravageCarracheVignolaMadernaBorromini et surtout Bernini (Le Bernin).

vatican_place_st_pierreCe dernier passe soixante quinze ans de sa vie à Rome et connaît huit pontifes. Il sculpte depuis l’âge de 15 ans. Sa première oeuvre Apollon et Daphne est majeure.

Architecte, Le Bernin édifie la loggia du palais du Quirinal, de nombreuses façades, des colonnades, des escaliers d’honneur, des nefs. Ses multiples oeuvres n’épuisent ni son genre, ni son imagination, ni son habileté technique, ni sa sensualité inégalée.

Dans cette Rome où Rubens, Vélasquez, Le Greco, Poussin, Le Lorrain viennent vénérer les maîtres, Louis XIV, roi de France, fonde en 1660 l’Académie de France. Les artistes français ont perçu le message du Bernin : Pierre Legros, Houdon, Hubert Robert, Fragonnard, Cochin, Soufflot, Pigalle et David l’attestent par leurs oeuvres.

Le Pape Paul V Borghèse, 231ème pape, (1605-1621) se révèle également grand bâtisseur. Il fait achever Saint-Pierre-de-Rome par Maderna, et terminer le Dôme de Sant Andrea della Valle, le plus haut de Rome après Saint-Pierre.

Sainte-Marie-Majeure le pontife fait placer son tombeau, et sur la place, une immense colonne antique de 15 mètres de hauteur qui provient de la basilique de l’empereur Constantin.

L’architecte Ponzio achève le palais Borghèse par une charmante terrasse sur le Tibre.

Maderna édifie le beau palais Mattei.

sapienzaLe pape Urbain VIII Barberini, 233ème pape (1623-1644), ancien nonce à Paris, ami de Galilée emprisonné à Venise par l’Inquisition, est aussi un grand bâtisseur et laissera une marque profonde à Rome. Il consacre Saint-Pierre enfin achevé.

Il fait commencer le grand palais Barberini par Maderna, qui sera terminé par Borromini et Le Bernin. Il fait mettre en chantier l’église Saint-Ignace, seconde église jésuite après le Gesù, avec lequel elle rivalisera de richesses de décoration.

Ce pontife demande aussi à Borromini l’édification de l’église du Palais de la Sapienza gardant les archives de l’Etat pontifical.

Le pape Innocent X Pamphili, 234e pape (1644-1655), sera à l’origine de nombreuses constructions baroques.

Il fait donner par Borromini de nouvelles proportions au Palais du Latran, en 1650. C’est l’église que l’on voit aujourd’hui.

Sur la place immense Navona, il fait élever la charmante façade de Sainte-Agnès, toujours par Borromini, mais cet artiste n’obtiendra pas la commande du Palais Pamphili sur la même place, qui sera confiée à Rainaldi.

Sous le même pontificat Le Bernin met en chantier en 1650, pour la famille Ludovisi le palais de Montecitorio à la façade incurvée très élégante.

Le pape Alexandre VII Chigi (1655-1667) 235ème pontife, charge Le Bernin de réaliser, devant la basilique Saint-Pierre, une place digne de l’église, tenant compte de l’obélisque égyptien érigé par Fontana en 1586. Tous les pèlerins devaient voir le balcon (la loggia delle benedizioni) d’où le pape donnait sa bénédiction urbi et orbi, comme encore aujourd’hui.

Ainsi fut crée, selon les plans du Bernin, un chef-d’oeuvre comprenant deux places reliées entre elles, scène solennelle sur laquelle l’office pontifical se déroule, lors des grandes fêtes religieuses.

paceLe pape fait aussi modifier le palais de sa famille, fait terminer la façade de l’église Santa-Maria-della-Pace et celle de l’église Santa-Maria-in-Campitelli.

Les papes Clément IX Rospigliosi, 236ème (1667-1669) et Clément X (1670-1676) utilisent l’art du Bernin qui édifie pour ce dernier le très beau palais Altieri.

Innocent XIII Dei Conti, 242ème pape (1721-1724) attiré par l’influence française, fait compléter la structure de la place d’Espagne par le grand escalier de l’église de la Trinité-des-Monts, oeuvre de Specchi et de Sanctis.

Clément XII Corsini, 244ème pape (1730-1740) non-voyant et malade fait commencer par Salvi la grandiose fontaine de Trevi, adossée au palais Poli, entre 1732 et 1762, de dimensions imposantes.

Il fait appel à l’architecte Galilei pour la façade de Saint-Jean-des-Florentins, près du Tibre, et pour l’immense façade de Saint-Jean-de-Latran. Il demande à l’architecte Fuga la reconstruction du palais Corsini et l’édification du palais du tribunal de la Consulta en face du palais du Quirinal.

Sous le pontificat de Benoît XIV Lambertini, (1740-1758) 245ème pape, Fuga érige la façade monumentale de Sainte-Marie-Majeure.

Galilei, pour sa part, édifie la chapelle Corsini à Saint-Jean-de-Latran.

Sous le pape Clément XIII Rezzonico, 246ème pape (1758-1769) l’architecte Marchioni construit pour le cardinal Albani une célèbre villa que l’on appelle aujourd’hui la villa Torlonia, hors les murs, après la porte Salaria ou la porte Pia.

Dans cette profusion architecturale sonne le glas de l’art baroque. On se lasse de tout et même de la liberté. Les artistes se nourrissant des recommandations du Français Cochin le Jeune (1715-1790) qui prêche le retour à l’antique, respectent une discipline plus stricte dans le style néo-classique.

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