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La Venise des Fêtes

La Venise des Fêtes

A Venise, les fêtes sont séculaires. Elles ont été pendant des siècles solennelles et brillantes, dans la volée des cloches, la symphonie des fanfares, le déploiement des étendards et des bannières, accompagnant les cérémonies religieuses, les processions, les célébrations, selon des rites immuables.

Les Romantiques avaient donné l’image d’une cité triste et mélancolique, ce qui est faux, Venise est la ville des couleurs, des bruits, des rires et du mouvement.

 

Une Cité Festive
La ville avait le goût des fastes et organisait des spectacles d’une richesse inégalée, avec défilés d’apparat, régates aux gondoles décorées, feux d’artifice en l’honneur d’un Saint, de reliques, d’un événement historique, de la consécration d’une église, de la nomination d’un prélat, ou de la fin d’une épidémie meurtrière.

Autant dire que les fêtes étaient pratiquement continues.

L’élection d’un Doge, par exemple, donnait lieu à des manifestations triomphales. Porté à travers la Piazza San Marco, il lançait des pièces d’or au petit peuple qui se pressait jusqu’à l’étouffement.

Le Doge était maigrement rémunéré par la République et engloutissait sa fortune personnelle pour l’organisation des réjouissances publiques considérées comme un rouage essentiel d’un bon gouvernement. Aussi présidait-il la plupart d’entre elles, à l’exception des fêtes particulières à chaque paroisse.

L’afflux des touristes indispensables à la réputation de la ville et l’intérêt qu’ils représentent pour ses ressources économiques ont fait que, depuis lors, les diverses fêtes traditionnelles se sont maintenues. Mais elles s’échelonnent à la bonne saison, de mai à septembre.

La fête de Saint Marc débute les fêtes de juin. La piazza à cette occasion est entièrement et magnifiquement pavoisée. Aux trois mats des gonfalons, sur la place, sont fixés des drapeaux de l’Italie et celui de l’ancienne république vénitienne, brodé du lion de Saint Marc, avec les six bandes des quartiers (sestieri) de la ville.

Les tapisseries, les étoffes chamarées sont exposées aux fenêtres des Procuraties.

La foule passe la journée, se promène, déguste des gelati, sur cet illustrissime espace. Les cafés Florian, le Quadri, le Lavena et le Todaro sont pleins à craquer.

Les vénitiens ont gardé le goût de la fête et la tradition des festivitités. Certaines manifestations sont destinées à plaire aux touristes, et les programmes restent chargés : feux d’artifice, concerts en plein air au Palazzo ou sur la Piazza, concerts à l’église de la Pieta, au théâtre Malibran, saison lyrique à la Fenice, biennale critique, festival du film, défilés des barques illuminées, tréteaux de comédie.

La ville entretient le souvenir des festivités traditionnelles et propose des plaisirs nouveaux. A la saison d’été il n’y a guère de jour sans cérémonie religieuse ou civile, illumination, exposition, sérénade…

Les drapeaux sortent, les cloches sonnent…

Toutefois la municipalité est très attentive aux inconvénients des détériorations occasionnées par la densité de la foule des visiteurs. Les touristes ne sont pas toujours conscients de la fragilité d’une ville historique dont les bâtiments, plusieurs fois séculaires, parfois millénaires, doivent être protégés.

 

La fête de l’Ascension : La Senza
La Senza était la fête la plus attendue, la plus importante, du temps de la Sérénissime, elle avait lieu au mois de mai. C’était une fête symbolique commémorant l’expédition du Doge Pietro II Orseolo sur les côtes de Dalmatie, qui apporta à Venise la maîtrise de l’Adriatique en l’an 1000. La fête fut instituée en 1173.

Embarqué sur le Bucentore, prestigieuse galère dorée richement parée et entouré dans l’enthousiasme d’une nuée de barques surchargées de brocarts, de bissones, de felouques, de gondoles pavoisées et fleuries, le Doge quittait la lagune pour la mer, à la passe du Lido et procédait aux épousailles (sposalizio del mare).

Il jetait dans l’eau un anneau d’or et prononçait la déclaration sacramentelle : « Je t’épouse, ô mer, en signe de vraie et perpétuelle domination » (Ti sposiamo, o mare nostra in segno di vero et perpetuo dominio).

Dans les cris de joie, au son des trompettes de tout le cortège, les embarcations regagnaient le bassin.

Le Doge touchait terre à la Piazzetta et entrait dans la Basilique Saint Marc pour une messe solennelle, entouré de tous les prélats et des choeurs qui glorifiaient l’ascension du Seigneur, au son des orgues.

Pendant huit jours, sur la Piazza, devant la Tour de l’Horloge, la foule s’assemblait à midi, pour voir l’ange de la trompette et les rois mages s’incliner devant la Vierge.

Elle le fait encore et assiste toujours aujourd’hui à la sortie en mer et à la messe solennelle, désormais sans la présence du Doge, mais en présence du Maire de Venise.

 

La Fête du Redentore
Le troisième samedi de juillet est consacré à cette joyeuse fête. Elle a lieu au front nord du canal de la Giudecca, à l’Eglise du Rédempteur, une des plus célèbres de la ville. (Voir Article)

La Régate Historique
La course part du jardin de la Biennale, à l’est, traverse le bassin de Saint Marc, remonte le Grand Canal jusqu’au jardin Papadopoli à l’ouest et revient par le Rio Nuovo jusqu’au carrefour Foscari-Balbi, où se situe la tribune officielle.

Durant toute la journée l’interdiction de naviguer fait cesser l’encombrant trafic motorisé, ce qui a pour effet de rendre à ce prestigieux parcours, toute la poésie du passé.

Les vénitiens éprouvent un engouement passionné pour cette régate d’autant qu’elle leur permet de parier sur les équipes en compétition. Les enjeux sont élevés.

C’est la course des gondoliers qui s’entraînent pendant des mois en vue de triompher, car le champion sera le héros dont l’exploit restera dans toutes les conversations de la profession pendant 365 jours.

Elle perpétue le souvenir et l’exploit de jeunes vénitiens qui au 11e siècle n’avaient pas hésité à partir à la rame pour sauver leurs fiancées enlevées par des pirates.

Pendant des heures, les spectateurs placés aux fenêtres et loggias des palais et ceux qui sont sur les pontons, admirent le passage des bissones décorées dont les rameurs sont vêtus à la mode de la Renaissance.

On passe et on repasse dans un défilé magnifiquement chamarré d’embarcations pavoisées. Le Grand Canal semble un tapis mouvant de mille couleurs.

Puis il faudra se ranger au long des palais et laisser le plan d’eau aux concurrents qui seront encouragés par des cris d’allégresse.

 

La Vogalonga
Fête plus récente, la Vogalonga plaît beaucoup aux vénitiens. C’est une course, à l’aviron, d’une grande boucle de 30 kilomètres.

Les vénitiens concourent en masse, femmes, jeunes garçons, mariniers; trois-mille rameurs s’inscrivent à la compétition, étrangers y compris. Il suffit d’avoir une barque.

C’est le marathon de la lagune, organisé depuis 1975.
Le premier dimanche après l’Ascension, les milliers de concurrents se lancent sur le bassin de San Marco, seul, à deux, à quatre, à dix rameurs.

La course est épuisante, par Santa Elena, San Erasmo, Burano, Torcello.

En revenant par Murano la course passe par le canal du Cannaregio, et le Grand Canal, pour atteindre le but, au débouché de la Douane de Mer.
Le salut des spectateurs s’exprime à grand bruit de casseroles, les pompiers arrosent le ciel de leurs pompes à eau, le tintamarre s’ajoute aux cloches.

Le Carnaval de Venise

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