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Lagune de Venise : l’industrialisation

Lagune de Venise : l’industrialisation

Les architectes vénitiens condamnent les modernisations qui soutiennent les équipements industriels. Ils désavouent le creusement accentué des trois passes d’entrée du Lido, de Malamocco et de la Chioggia.

Ces spécialistes condamnent le creusement du canal de quinze mètres de profondeur dans les eaux peu profondes de la lagune, qui a rendu possible le passage des supertankers.

Ils redoutent l’incontrôlable extension du port de Marghera qui devient l’un des grands complexes industriels de la Méditerranée, tout à côté de Venise.

La navigation des pétroliers qui se rendent dans ce port crée les plus sérieux déséquilibres, car la mer se précipite dans leur sillage et modifie le rapport des eaux salées et des eaux douces.

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Le bilan des méfaits qui affectent la lagune est clair : des millions de tonnes d’azote sont déversés chaque année en nitrates et nitrites.

Les associations de défense de Venise préconisent de ne plus laisser s’étendre la zone industrielle, de combler le canal des pétroliers ou tout au moins d’allonger son parcours en sinuosités pour le rendre moins néfaste.

Par ailleurs l’eau des marées pénètre de plus en plus rapidement dans la lagune dont le bassin a été réduit d’un tiers de sa surface par la progression des zones construites en nouveaux ports et nouvelles routes. La ville subit ainsi des rentrées d’eau plus accélérées.

Le danger de l’aqua alta s’aggrave dans la ville. L’élévation de certains murs et de certains pavements des places et des rues n’est plus une solution suffisante.

Mais comment renoncer au nettoyage bi-quotidien des canaux par le mouvement régulier et bienfaiteur des marées qui est le seul moyen efficace, simple et naturel.

D’autant que les canaux ne sont pas dragués suffisamment.

La vase accumulée a fait diminuer la profondeur de l’eau qui, de 1 ,5 mètres n’est plus que de 80 centimètres actuellement, à beaucoup d’endroits.

Les eaux contiennent de l’azote et des phosphates qu’apportent également les rivières polluées.

Les algues prolifèrent, consomment l’oxygène de l’eau et se putréfient. Les poissons disparaissent. Les insectes pullulent.

L’aéroport Marco Polo a dû quelquefois être fermé devant le danger d’infiltration dans les moteurs d’avions de ces nuées de bestioles.


Projets d’aménagement
Les grands projets de sauvegarde de la ville ne manquent pas, mais ils sont très coûteux, comme par exemple le projet de surélévation de la cité par injection de béton dans les soubassements, qui n’a pas abouti.

Pourrait-on revenir au renforcement des murazzi, véritables murailles permettant le ralentissement de l’érosion des cordons du littoral.

C’est au 18e siècle que ces digues puissantes avaient été élevées dans l’eau.

La pouzzoline volcanique de la zone napolitaine liée avec de la chaux se transformait en béton. Mais ces murazzi ne fermaient pas entièrement les rivages.

Les passes restaient ouvertes à San Nicolo, Malamocco et Chioggia pour laisser passer les marées, les barques des pêcheurs et les bateaux.

Au 19e et 20e siècles on prolongea dans la mer, de 3 kms de plus, chacune des trois passes, par des ouvrages perpendiculaires aux cordons littoraux.

Le projet considérablement coûteux qui n’aboutit pas non plus est le projet Moïse (en italien Mose) qui permettrait d’équiper les trois passes d’écluses électro-mécaniques.

Aux fortes marées et tempêtes, des digues mobiles se soulèveraient hors de l’eau et empêcheraient la mer d’avancer.


Le projet Moïse

Pour combattre toutes ces nuisances, les fonds nécessaires ne cessent d’être prévus et attribués à la hausse.

Le monde entier se sent concerné et s’active : il faut « sauver Venise ».

La campagne menée, qui nécessite de très importants subsides, associe la ville, l’Italie, le Conseil de l’Europe et l’UNESCO .

Mais les apports des comités les plus actifs, ceux des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de France, sont affectés à des restaurations de Palais et d’édifices religieux, parce que l’opinion internationale est concernée plus par les effets des dégradations que par leurs causes.

Il est à craindre dans ces conditions que l’exode des habitants ne puisse plus être frénée et que, tout au contraire , elle s’accélère.

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