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Une histoire de Vérone
Le Ponte Pietra à Vérone - Albert Goodwin (1896)

Une histoire de Vérone

D’après Pline, la ville fut fondée par les antiques peuples Rhètes et Euganéens, installés entre les Alpes orientales et les rives de l’Adriatique.

Les premiers contacts avec Rome se firent vers la fin du 3e siècle avant J.-C. et en 216, les milices véronaises combattirent contre Hannibal à la « bataille de Cannes » .

En 49 avant J.-C. Vérone doit à son emplacement en bordure de l’Adige et sur une voie de communication terrestre importante, son statut de  « municipium » ; elle devient l’une des plus importantes cités du monde romain antique. L’époque impériale l’enrichit de nombreux édifices monumentaux.

En 489, Théodoric, roi des Ostrogoths, vainquit à Vérone les Hérules, peuple germanique dirigés par Odoacre. Odoacre,  premier roi d’Italie, se réfugie à Ravenne. Il sera assassiné par Théodoric en 493 lors d’un banquet supposé réconcilier les deux ennemis.

Les événements qui suivirent allaient être néfastes aux seigneurs de Vérone. Il suffit de rappeler la tragédie du roi lombard Alboin, assassiné à l’instigation de son épouse, pendant son sommeil, à Vérone en 552. Ou celle d’Adelchi (ou Adalgis) renversé par les Francs de Charlemagne, et qui meurt en 788 à Byzance, d’où il espérait reconquérir son royaume.  Sa vie donnera lieu en 1822 à une tragédie du poète et dramaturge italien Alessandro Manzoni.

Une ancienne carte de Vérone, l' «Iconografia rateriana» du 9e siècle

Une ancienne carte de Vérone, l’ «Iconografia rateriana» du 9e siècle

Sitôt après son rattachement à la « Marche de Bavière » , Vérone dresse contre l’empereur l’étendard de la Ligue Véronaise,  prélude de la Ligue lombarde.

Au terme d’âpres luttes féodales, elle doit subir en 1227 la domination du seigneur et condottière Ezzelino da Romano, surnommé « le Féroce ».

En 1262 arrive au pouvoir Martino della Scala qui mourut assassiné en 1277 au beau milieu de la piazza dei Signori.  Martino fut cependant le fondateur d’une dynastie dont l’ importance allait être primordiale pour le développement de la cité. Les « Scaligeri » régnèrent sur Vérone durant 125 ans, devenant une des familles les plus puissantes d’Italie.

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Avec Albert della Scala, frère de Martino, se poursuit la seigneurie des Scaligari dont Cangrande 1er sera le plus grand représentant. La cité devient alors puissante et domine de vastes territoires qui s’étendent jusqu’à Trévise. La coalition vénéto-florentino-lombarde (1336-1339) renverse la suprématie véronaise et ampute gravement ses Etats.

En 1387, Vérone passe aux mains des Visconti de Milan, puis en 1405 s’allie à Venise à laquelle elle demeure longtemps et fidèlement liée, sauf sous l’empereur Maximilien 1er de Habsbourg.

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En 1597 est publiée la tragédie de Shakespeare, Roméo et Juliette, dont l’action de déroule à Vérone. La cité se pare ainsi durablement de la réputation de cité « romantique » de « ville des amoureux ».

En 1796, envahie par les Français, Vérone se révolte (les « Pâques véronaises » avril 1797) mais la rébellion est durement réprimée. En 1798 Vérone passe à l’Autriche et celle-ci en fait une pierre angulaire d’un formidable quadrilatère militaire.

De nombreuses batailles se déroulent près de Vérone durant le « Risorgimento » , mais ce n’est qu’en 1866 que la ville est adjointe à l’Italie.

Durant le Second conflit mondial, la ville eût à souffrir en de nombreux points du centre et de la périphérie. Les Allemands firent sauter les ponts sur l’Adige, parmi lesquels le pont gothique de Castelvecchio et le Ponte Pietra, ce dernier vieux de deux mille ans, et seul pont d’époque romaine conservé à Vérone.

Vérone - Porta Vescova

Vérone – Porta Vescova

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