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Les Palais de San Marco

Les Palais de San Marco

Le territoire du quartier San Marco a une forme ovale étirée qui épouse le cours du Grand Canal sur deux kilomètres. Les palais qui le bordent sont la parure de ce sestiere.

Une soixantaine d’édifices, des plus vastes aux plus étroits, des palais et palazzinis les plus somptueux aux casette les plus discrètes, dessinent un ruban délicieux de façades colorées, absolument unique, donnant l’impression d’un rêve. C’est ce que l’on éprouve en parcourant la voie d’eau, du fondaco dei Tedeschi aux Giardini Reali.

Le Fondaco dei Tedeschi est l’ancien comptoir commercial des Allemands, très vaste, qui était orné en façade de fresques de Giorgione et de Titien, dont certains fragments sont maintenant rassemblés au musée de la Ca’ D’Oro. Cet ancien entrepôt commercial avait une position stratégique au pont du Rialto.

Depuis 1870, et jusqu’aux années 2010, le bâtiment a fait office poste centrale de la ville, ce qui permettait à tout le monde d’aller admirer la superbe cour aux galeries à arcades.

Une fois passées la rive du Fer et la rive du Charbon déjà citées, on peut voir parmi les principaux édifices :

  • Le vaste Palais Grimani (1550) de la Renaissance, aux robustes colonnes, qui semble toiser les petits palais veneto-byzantins qui l’entourent. Il est le siège de la Cour d’Appel.
  • Le Benzoni, baroque, du début du 18e siècle.
  • Le Corner-Spinelli, de style lombard, de la Première Renaissance (1490-1510) construit par Codussi. Il garde la vivacité des belles fenêtres gothiques, géminées surmontées d’un arc en plein cintre, avec d’élégants balcons saillants.
  • Les trois palais Mocenigo, mitoyens, qui n’en font qu’un, appelés maison vieille, maison neuve et palais noir, où habita le poète Byron en 1818 avec ses quatorze serviteurs, ses singes, son ours et ses perroquets.
  • Le Contarini delle Figure, début du 16e siècle, de Spavento. Les figures sont des cariatides, au balcon au-dessus de l’entrée.
  • Le Palazzo Grassi de style éloigné des styles de Venise, inspiré du Baroque, construit par Massari dans une architecture aux surfaces lisses et polies. C’est le dernier palais construit à Venise par un aristocrate. Il contient de précieuses peintures à fresque de Morlaiter, des salons grandioses, une élégante cour, un majestueux escalier. Après l’extinction de la famille, il a été acheté à la société Fiat par le Français François Pinault qui y expose ses propres collections contemporaines.
  • Le palais Cavalli-Franchetti. L’église San Samuele qui le jouxte montre toujours son clocher veneto-byzantin du 12e siècle.
  • Le Giustiniani-Lollin du 17e siècle a été construit par Longhena.
  • Le Cavalli-Franchetti, au pont de l’Académie, est de style gothique remanié, à la façade grandiose, aux arcs aigus, copiant son premier style dans une intention scénographique.
  • La Casetta Rossa est une maison noyée de verdure, insolite et charmante, qui abrita l’atelier de l’éminent sculpteur-peintre vénitien Canova à la fin du 18e siècle. Pendant la guerre de 1914-1918, elle fut occupée par l’homme politique écrivain Gabriele d’Annunzio.
  • Le palais Corner Ca’ Grande du 16e siècle est une oeuvre grandiose de Sansovino. C’est le neveu de la reine de Chypre, d’une famille des plus riches et des plus puissantes, qui le fit reconstruire après un incendie. La façade est à bossages au rez-de-chaussée, et colonnes ioniques et corinthiennes aux deux étages, d’ un style Renaissance toscane. Les fenêtres sont une réussite d’élégance rappelant la tradition vénitienne. Les balcons ajoutent des effets de clair-obscur.
  • Le palais-hôtel Gritti, a une façade des plus sobres, aux fenêtres aux arcs aigus du 15e siècle. Sa terrasse sur l’eau vit passer les hôtes les plus célèbres, comme l’écrivain Ernest Hemingway qui y descendait lors de ses séjours à Venise.
  • Le délicieux Contarini-Fasan dont on dit qu’il serait la maison de Desdemone, héroïne de Shakespeare. Il est de stylle gothique flamboyant d’influence lombardesque. Ses balcons de marbre sont ciselés d’une manière remarquable et unique.
  • Le palais veneto-byzantin Giustiniani du 13e siècle est le grand hôtel de l’Europe. Il termine la frange prestigieuse des dentelles de marbre et de pierre.

 

Riva del Carbon
Du campo San Salvador on aperçoit le Grand Canal. Il est aisé de s’y rendre par la calle Mazzini débouchant sur la Rive du Fer (riva del ferro) et la Rive du Charbon (riva del carbon) espace très animé où il fait bon se mêler à la foule.

On peut passer ainsi devant le palais Bembo, gothique du 15e siècle, en brique rouge et aller admirer de très près les façades des deux palais contigüs : le Corner-Loredan et le Dandolo-Farsetti.

 

Palais Corner-Loredan et Dandolo-Farsetti
Le palais Corner-Loredan, du 13e siècle, bien que surélevé d’un étage, comme bien d’autres, conserve les caractères raffinés du style vénéto-byzantin. Il est le siège de la municipalité.

Le vaste portego sert de salle de réunion du conseil municipal. Il porte en façade les armoiries des Corner et des Lusignan qui ont régné à Chrypre.

Le palais Dandolo-Farsetti du 13e siècle lui aussi, a également l’élégance des édifices vénéto-byzantins et abrite aussi des services municipaux. C’était la demeure du Doge Dandolo qui y avait fait intégrer des marbres venus de Constantinople, capitale de l’Empire romain, prise pendant la 4e croisade qu’il avait dirigée lui-même, alors âgé de 90 ans.

L’architecture des deux palais se rattache aux constructions primitives sur la lagune.
On peut pénétrer aux rez-de-chaussée qui sont ouverts au publics.

A l’arrière, on trouve facilement le théâtre Goldoni où se jouent les comédies de Carlo Goldoni, en dialecte vénitien quelquefois. Sur l’une des trois portes, Goldoni est représenté souriant à ses personnages.

Palais Contarini del Bovolo
Plus à l’ouest, mais touchant presque la Ca’ Farsetti, le petit campo Luca puis le campo Manin seront traversés pour atteindre l’un des plus délicieux palais, le Contarini del Bovolo (fin 15e siècle) aux arcades blanches accrochant la lumière.

Il est célèbre en raison de son escalier extérieur hélicoïdal, unique à Venise, érigé en tour par Giovanni Candi, sur quatre étages de précieuses colonnettes.

Il a été restauré récemment. Pour le distinguer de plusieurs autres palais appartenant à la riche famille Contarini on lui a donné le nom de Bovolo qui signifie simplement « escargot »en vénitien.

L’élégante tour est reliée au palais par une aile latérale de quatre loggias. On peut monter en haut de l’scalier pour avoir un joli point de vue. Le palais est le siège des foyers d’accueil de la ville.

Le palais Fortuny
Le palais Fortuny est plus à l’est du campo San Luca, sur le campo Beneto. Il fut construit au 15e siècle pour la famille Pesaro, puis possédé ensuite par la famille Orfei. C’est un somptueux édifice du gothique vénitien aux délicieuses baies en arcades en carêne sur la façade à trois niveaux, précédée d’une jolie margelle de puits.
A la fin du 19e siècle, il a été acheté par le talentueux artiste espagnol Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1949).

Peintre, scénographe, photographe, il étudia et développa les techniques d’impression des velours et des soies, de la Renaissance italienne, ainsi que le tissage de fil d’or et d’argent aux motifs orientaux du 15e siècle, et le « plissé à la main » breveté en 1906.

Cela lui permit de réaliser de fastueuses créations qui intéressèrent des artistes comme Sarah Bernardt et Isadora Duncan.

C’est maintenant le Musée Fortuny.

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