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Les palais du Cannaregio

Les palais du Cannaregio

Il faut le rappeler, il ne reste qu’un petit nombre de palais qui sont des propriétés privées et encore moins des propriétés d’anciennes familles patriciennes.

De nos jours les propriétaires sont même rarement des Vénitiens. Les palais sont partagés entre membres d’une même famille ou divisés en copropriété par étage.

On va jusqu’à prétendre que certains propriétaires ne viennent qu’une fois par an et passent leur temps entre le Harry’s bar et les plages du Lido. Pendant la dernière guerre, des Italiens sont venus habiter Venise, persuadés qu’elle ne serait pas bombardée.

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Beaucoup de palais abritent des services publics (mairie, préfecture, université, cour d’appel), des musées (Ca’ d’Oro, Ca’ Pesaro, Ca’ Rezzonico, Ca’ Venier dei Leoni), des hôtels, des ateliers de mosaïque, des salles d’exposition de verrerie, des lieux de restauration d’oeuvres d’art ou d’instruments de musique.

Un joli dicton vénitien souligne la concentration de ces prestigieux édifices, en faisant remarquer que « les palais se touchent parce qu’ils ont beaucoup de secrets à se confier« .


Ca’ Da Mosto

Près du Rialto, aux Santi Apostoli, la Ca’ Da Mosto est un vieux palais du 13e siècle, à la fois robuste et gracieux.

Le troisième étage a été construit au 17e siècle comme dans beaucoup de palais anciens.

Ca da'Mosto
L’organisation de sa façade permet de deviner la répartition des salles intérieures.

Le rez-de-chaussée et l’étage noble ont conservé un charme simple. Les arcades romano-byzantines ont des agréables frises à feuillages. Les huit fenêtres de l’étage, de caractère oriental, terminent la loggia.

La décoration est d’un style précieux avec ses panneaux, ses patères, ses croix, ses blasons. Les frettes des arcades du rez-de-chaussée sont malheureusement en mauvais état.


Ca’ Sagredo

La Ca’ Sagredo est sur le petit campo Santa Sofia. L’entrée de terre donne sur la Strada Nova. Ce palais a une façade composite. La loggia du premier étage est caractéristique du gothique orientalisé du 13e siècle. Celle de l’étage noble, au deuxième, est d’un gothique plus achevé.


Palais Flangini

Il faut signaler, parce qu’il suscite la curiosité, le « petit » palais Flangini, presque contre l’Eglise San Geremia, au niveau du pont dei Scalzi.

Il eut à l’origine des dimensions deux fois plus grandes que celles que l’on constate aujourd’hui.

Deux frères qui en avaient hérité de leur père, descendant d’une famille originaire de Chypre. Ils éprouvaient une jalousie tenace l’un pour l’autre.

La querelle menaçant de s’éterniser, le plus « raisonnable » des deux, si l’on peut dire, fit démolir la moitié de l’édifice, pour être délivré du conflit.


Palais Vendramin-Calergi

Enfin, sur cette partie prestigieuse du Grand Canal, il faut se rendre, puisque cela est possible, au palais Vendramin-Calergi, aujourd’hui le casino de Venise.

Il fut construit pour l’orgueilleuse famille Loredan qui en possédait plusieurs sur le Grand Canal.

Il passa successivement à la propriété du duc de Brunswick, du duc de Mantoue, des Calerghi venant de Chypre, des Grimani, de la famille Vendramin et de la duchesse de Berry, mère du dernier Bourbon de France, le comte de Chambord qui habita le palais.

Des fêtes y furent souvent données par les nombreux propriétaires. Elles étaient, dit-on, fabuleuses, jusqu’à installer une plate-forme flottante pour y donner un bal sur l’eau. Le palais fut le lieu de réunion des légitimistes de toute l’Europe, au 19e siècle.

Le palais est l’un des principaux de la république, des plus somptueux, des plus nobles, désiré par un patriarcat au sommet de sa puissance politique.

Il fut commandé par Andrea di Nicolo da Santa Formosa, de la famille des Loredan, et fut édifié par Mauro Codussi et ses fils entre 1500 et 1504.

La construction fut achevée en 1509, après la mort de l’architecte.

Cette façade est harmonieuse, homogène, équilibrée. Aucun palais, à cette époque, n’atteignit une telle hauteur.

Elle présente un agencement des fenêtres, typique à Venise, c’est à dire, une fenêtre de part et d’autre et trois fenêtres accolées au centre.

Codussi remplaça les ogives traditionnelles et préféra surmonter les arcs en plein cintre géminés d’un troisième arc les réunissant. Un oculus s’inscrit dans l’écoinçon supérieur.

L’ornementation des baies rappelle les fenêtres gothiques ajourées des palais plus anciens. L’étage noble est souligné par la ligne des balcons.

Les salons sont d’une richesse somptueuse. Les Vendramin notamment étaient des collectionneurs passionnés. Les portes sont en marqueterie, partout des colonnes de jaspe, d’élégantes cheminées. Au plafond des fresques de Crostato. Mais celles de Giorgione n’y sont plus.

Richard Wagner en avait loué les entresols. Il y est mort le 13 février 1883.

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