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Villa des Mystères, une renaissance à Pompéi

Villa des Mystères, une renaissance à Pompéi

La Villa des Mystères rouvre ses portes, après presque deux années d’un chantier commencé en 2013. Une des plus belles demeures de Pompéi, elle fut découverte à la fin du 18e siècle, fit l’objet de fouilles archéologiques à partir de 1909, et finalement mise à jour au terme d’un travail d’excavation et de consolidation qui allait demander deux décennies d’efforts.

Villa des MystèresMais presque cent ans après cette remise au jour, la Villa commençait à manifester d’inquiétants signes d’une progressive altération, tout particulièrement en ce qui concernait l’inestimable patrimoine pictural qui nous est parvenu au terme de plus de deux millénaires.

Construite au 2e siècle av J.-C. sur le versant littoral de Pompéi, le long de la route conduisant à Herculanum, la villa sera modifiée, agrandie à l’époque de l’empereur Auguste, embellie à plusieurs reprises jusqu’à l’éruption fatale de l’année 79 de notre ère qui allait ensevelir la cité commerçante des bords de la Méditerranée et ses huit-mille habitants sous six mètres de cendres volcaniques.

La « Villa dei Misteri » est l’une de ces élégantes demeures d’inspiration grecque, domaines des classes possédantes. Parmi la centaine que compte Pompéi, elle  est  incontestablement l’une des plus luxueuses et des mieux conservées.

La Sale del triclinio dopo i restauri

 

Les mystères de Dionysos
La villa tire son nom d’une vaste fresque, longue de 17 mètres et haute de trois, ornant la salle de réception (le triclinium). Une fresque représentant un mystérieux « rite dionysiaque » d’initiation des femmes au mariage. Dionysos, dieu de la vigne et du vin est ainsi à l’honneur dans la décoration de cette demeure agricole dont la vigne était la source principale de richesses.

L’ extraordinaire cycle pictural de la villa, objet de longs débats entre historiens, recouvre la partie médiane des murs du vaste triclinium. Au centre trône le dieu grec Dionysos (le Bacchus romain) en compagnie de son épouse Aphrodite (ou Ariane), déesse de l’amour et de la sexualité. D’un côté du couple divin, le monde de Dionysos et l’initiation à ses « mystères », de l’autre la préparation de la jeune fille au mariage.

Un rite dionysiaque associé à la période des vendanges, caractérisé par l’ivresse due au vin, par la musique, par les danses, par les personnages des satyres et des baccantes, alter-ego mythologiques des participants… Des « Bacchanales » débridées et orgiaques, en l’honneur du dieu du vin. Une dévotion, aux racines profondément ancrées dans le monde romain : les participants s’évadaient au moyen de l’ivresse et côtoyaient ainsi le domaine divin.

Villa des Mystères

 

Deux années de restauration
Un vaste ensemble de travaux a été entrepris à partir de mai 2013 afin de remettre en état la totalité des éléments décoratifs, mosaïques et peintures, des quelques soixante-dix pièces que compte la villa. Au cours des années qui avaient suivi, en 1930, la mise à jour complète de l’édifice, divers traitement avaient été tentés pour protéger ce patrimoine. Comme l’usage de cire, efficace sur le moment, mais qui avait fini par s’obscurcir avec le temps. L’utilisation des techniques les plus récentes, comme le nettoyage au laser a permis d’obtenir un résultat dépassant toute attente, offrant au visiteur la découverte d’un patrimoine pictural proche de ce qu’il a pu être avant l’éruption de 79.

Un bon point pour Pompéi après l’alerte lancée en 2013 par l’UNESCO devant les dégradations subies par l’antique cité, et la menace d’une interruption des subventions européennes en cas de mauvaise gestion du patrimoine.

 

Photos : Soprintendenza Speciale per i Beni Archeologici di Pompei, Ercolano e Stabia

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