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Gênes – Un survol historique
Le port de Gênes au 19e Siècle par Luigi Garribo

Gênes – Un survol historique

Les habitants les plus anciens de Gênes, établis dans le secteur de l’actuel quartier de Sarzano, fusionnèrent avec les Grecs et les Etrusques qui venaient faire du commerce sur les côtes ligures.

Les premiers renseignements historiques sur Gênes remontent à l’époque où la ville fut dévastée par Magone Barca, frère d’Hannibal. Deux années plus tard (203 ans avant J.C.), elle était reconstruite.

A l’époque impériale (entre 27 av. J.-C. et 476 ap. J.-C.), déjà reliée à Rome par la voie Aurélia, elle est le premier port ligure. Après la chute de Rome, Gênes subit la domination de Goths, des Lombards et les incursions des Sarrasins. Mais elle tient tête avec fierté aux malheurs qui la frappent et se relève rapidement, la lutte terminée. Libérée de la domination franque, elle se dote d’une constitution et, après une brève période de domination carolingienne, jette les bases d’une république aristocratique.

Désormais le négoce et ses conquêtes lui donnent la prospérité. Gênes prend part aux croisades, y obtient des succès décisifs qui la mettent à la tête d’un important empire colonial et lui confèrent le titre de « Première cité maritime d’Europe« .

Une vue de Gênes au 16e siècle, détail d'un tableau de Jan Matsys.

Une vue de Gênes au 16e siècle, détail d’un tableau de Jan Matsys.

Une République maritime
Mais la richesse et la splendeur de Gênes suscitent la jalousie des autres cités de la mer et c’est l’origine d’une période séculaire de luttes acharnées contre Pise et Venise. La situation est encore rendue plus dramatique par les luttes intestines qui mettent aux prises Guelfes et Gibelins, et par de longues périodes de domination étrangère accroissent encore les difficultés.

Mais dès que les haines les plus acharnées sont apaisées, la cité se consacre aux oeuvres de paix, tandis que les industries et le commerce maintiennent la richesse. La puissance de Gênes se consolide par l’acquisition de nouveaux domaines et au 15e siècle, la grandeur de la République est à son apogée. Le Banco San Giorgio (Banque Saint-Georges), puissance financière européenne favorise l’accroissement des fortunes et des échanges.

Mais le bien-être et les succès n’empêchent pas de nouvelles luttes intestines d’éclater. Elles sont suscitées par la jalousie des familles les plus riches et les plus puissantes et la faiblesse intérieure qui en résulte provoque l’intervention extérieure.

La Renaissance de Gênes
De ce fait plusieurs doges se virent contraints d’exercer leur pouvoir sous la tutelle des rois et d’empereurs étrangers, jusqu’à ce que le marin et condottiere André Doria, restaurateur de la liberté génoise, eût soustrait la cité à la domination française.

La constitution promulguée en 1528 fut le signe d’un  changement important dans l’histoire de la ville, mais son auteur, André Doria, n’ayant pas réussi à supprimer les dissensions intérieures, la décadence déjà évidente de la république, à qui les Turcs avaient ôté en Orient possessions et prestige, ne pouvait tarder. Bien que diminuée, Gênes trouve encore la force de s’opposer en 1684 à Louis XIV, révolte qui lui coûte des bombardements dévastateurs infligés à titre de représailles. Une fois de plus la fierté des Génois s’insurge contre l’étranger en 1746 : la pierre lancée par Balilla, jeune garçon dont ont fit le symbole de l’audace patriotique, est l’étincelle qui allume la lutte. Gênes parvient même à chasser les Autrichiens hors des murs de la ville.

La Gênes Moderne
Vers la fin du 18e siècle, les dernières lueurs de la République aristocratique s’éteignent, balayées par les convulsions révolutionnaires de l’époque. La résistance de la cité fut héroïque lors du fameux siège de 1800, appuyée qu’elle était par les Français de Masséna. La ville vécut des journées tragiques, rendues encore plus effroyable par le développement d’une épidémie.

Incorporée par l’Empire de Napoléon, Gênes en suivit le destin jusqu’à la chute de l’empereur. En 1815, elle est réunie au Piémont, prend part ensuite à la guerre de l’indépendance du pays, et au cours des années 1849-1859, elle est  un des foyers où brûle le plus ardemment la flamme de l’espérance et de la volonté en faveur de la libération de l’Italie.

Gênes au 19e Siècle, par Pieter van Loon.

Gênes au 19e Siècle, par Pieter van Loon.

C’est de Quarto, à l’est de Gênes, qu’en 1860 « l’expédition des Mille » de Giuseppe Garibaldi part à la conquête de l’Italie méridionale. Dès que l’unité italienne devint un  fait accompli, le développement de Gênes fut rapide et de grande importance pour l’économie du pays. La ville est considérablement agrandie et embellie et son port est devenu rapidement l’un des plus grands de la Méditerranée. La Seconde Guerre mondiale a blessé sérieusement cette splendide et laborieuse ville, mais les Génois ont reconstruit leur port qui, en 1945, n’était guère plus qu’un amas de ferrailles et de matériaux. Ils ont repris le travail et sillonnent de nouveau les anciennes routes maritimes.

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