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Scicli, la méconnue du « Baroque tardif »

Scicli, la méconnue du « Baroque tardif »

A la fin du 17e siècle, le 9 janvier 1693, la pointe sud-est de la Sicile, fut affectée par un puissant tremblement de terre, l’un des plus forts jamais enregistré non seulement en Italie mais à l’échelle mondiale. Le séisme de forte magnitude (7,4) fit non moins de soixante mille victimes et ravagea quarante-cinq villes de plus ou moins grande importance parmi lesquelles Catane (qui vit périr 16 000 des 20 000 habitants qu’elle comptait), Raguse, Siracuse et les petites cités du Val de Noto parmi lesquelles Noto elle-même, mais aussi Castalgirone, Modica ou Scicli, qui perdit quant à elle plus de 3 000 de ses habitants.

Huit de ses villes du Val de Noto firent l’objet d’une fantastique reconstruction dans les années qui suivirent le tremblement de terre, initiative collective remarquable et d’un très haut niveau architectural. Elles représentent ce que l’on appelle désormais le style « Baroque tardif  » ou « Baroque sicilien » .

scicli_palais

Scicli (que l’on prononce chi-kli) est l’une d’entre elles. Et comme les autres cités baroques du Val de Noto, elle est classée par l’UNESCO (du moins en ce qui concerne son centre historique) au patrimoine mondial.

Située au sud de Modica et de Ragusa, et à une dizaine de kilomètres de la mer à vol d’oiseau, Scicli étage ses constructions sur un contrefort de la chaîne des monts Hybléens (Monti Iblei), ensemble de collines ne dépassant pas mille mètres d’altitude.

Bien moins réputée que ses voisines et cousines en architecture que sont Noto, Modica ou Ragusa, Scicli est plus tranquille et plus à l’écart des sentiers battus. C’est un plaisir que de se promener au gré de ses petites rues ombragées ou sur sa grande Piazza del Municipio. Une place toute en longueur, bordée d’étonnants édifices, lieu de rencontre des habitants à la recherche d’un peu de fraîcheur en été ou d’un bon moment à passer entre amis sur une des terrasses bordant la place, à déguster un granité ou un arancino accompagné d’un verre de Marsala.

Au fil de ses promenades dans le centre historique de Scicli, le visiteur découvrira nombre d’églises, de palais et de maisons unis dans une élégante harmonie architecturale puisque tout ici fut construit à la même époque, dans les années qui suivirent l’historique séisme.

A découvrir, les églises Sant’Ignazio, San Bartolomeo, San Matteo et Santa Maria la Nova, cette dernière possédant une statue byzantine en bois de la Vierge Marie.

Les palais, parmi lesquels on remarquera le Palazzo Beneventano, le Palazzo Fava et le Palazzo Spodaro, débordent, comme les églises, d’éléments décoratifs caractéristiques de ce « Baroque tardif » : volutes, gargouilles, rocailles, cartouches, sculptures ou autres spirales…

Dans un style totalement opposé au Baroque Sicilien, Scicli possède (comme la célèbre Matera dans le Basilicate, mais à bien plus petite échelle)  un ancien secteur d’habitations troglodytiques connu sous le nom de Chiafura. Creusées dans la roches, ces anciennes nécropoles devenues habitations au cours du haut Moyen Age restèrent occupées jusqu’au milieu du 19e siècle. Les habitations rupestres de Chiafura occupent tout un versant de la colline de San Matteo et sont bien visibles du parvis de l’église San Bartolomeo.

Et pour les amateurs d’intrigues policières, sachez que Scicli est l’un des lieux fréquentés par le commissaire Montalbano, personnage de la série télévisée homonyme produite par la Rai et tirée des romans de l’écrivain sicilien Andrea Camilleri.

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