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Rome, l’automobile et le vélo…

Rome, l’automobile et le vélo…

Comme ses consœurs les grandes villes européennes, Rome n’échappe pas au casse-tête de la circulation automobile. Circulation chaotique, embouteillages au menu quotidien, stationnement de surface quasi-inexistants et le plus souvent réservés aux riverains, parkings souterrains aussi rares que chers…

rome_velo_2Sans compter le prix des amendes pour infractions diverses et celui de l’essence qui ne cesse d’augmenter, au point d’approcher désormais la limite psychologique (pour un temps au moins) des 2 € le litre de super.

Côté transports en communs, la capitale italienne n’est pas la mieux lotie. Richesse archéologique limitant le percement de tunnels, le métro ne s’est jamais réellement développé et se limite, pour ce qui est du centre-ville, à deux lignes. L’autobus n’est simple que si l’on connaît bien un trajet parcouru quotidiennement… Et même si le trajet ne coûte que 1,5 €, cela fait au final 60 € mensuels pour les citadins qui emploieraient ce moyen de transport matin et soir pour se rendre sur les lieux de leur activité professionnelle quotidienne.

Alors, évolution oblige, même si c’est parfois contraint et forcé plus qu’avec enthousiasme, l’animal urbain passe peu à peu du statut d’automobiliste à celui de cycliste. Et l’économie réalisée, en temps comme en argent, n’est pas négligeable. Côté budget, le cycliste économise chaque année entre 1600 et 2000 € rien qu’en assurance, en entretien, en carburant et en frais de stationnement. Sans compter l’amortissement de la voiture qui se dégrade beaucoup plus vite en milieu urbain.

Ainsi de plus en plus, le vélo devient un nouvel emblème de « citadinanza romana », un peu , et toutes proportions gardées, ce que fut la Fiat 500 dans les années 1960. Les vendeurs de vélos se frottent les mains, tandis que les concessions automobiles assistent, fatalistes, à l‘effondrement progressif de leurs ventes.

Il faut le reconnaître, pédaler à Rome n’est pas une sinécure : avec ses sept collines, Rome et une ville pleine de rues en pente, où seul le quartier du Champ de Mars et les rives du Tibre permettent de se reposer les mollets; ses pavés peuvent êtres glissants les jours de pluie; les automobilistes ne vous prêtent qu’une attention discrète… Et puis pour les touristes il n’est pas si facile de trouver un hôtel qui dispose d’un local à vélos.

Mais on s’équipe pourtant peu à peu. Et le paysage urbain se pare de plus de cyclistes qu’on aurait pu en imaginer il y a quelques années. En 2013, les ventes de vélos ont grimpé d’un bon 20 %. Au top, le vélo pliable, idéal en milieu urbain : arrivé à destination, on rabat le guidon, on plie le cadre en deux, et on range le tout dans un placard jusqu’à la prochaine utilisation.

Et pour entretenir et réparer sa monture, certains ont eu l’idée de mettre en place les « ciclofficine« , ou « cicloficine populari« , sortes de coopératives cyclistes dans lesquelles chacun peut venir entretenir sa machine, partager ses connaissances et profiter de celles de mécaniciens bénévoles. Il en existe déjà une douzaine à Rome. Une idée engagée, quasi-militante, dans une optique de mobilité durable.

Mais on peut aussi louer. Un exemple de tarif pour la location d’une bicyclette. Chez « Biga Bike » près de la gare Roma Ostiense, il vous en coûtera 3 euros de l’heure, 12 € les huit heures et, de façon dégressive, de 15 euros les 24 heures à 50 € pour une semaine. A peine quelques euros de plus chez « Bici & Baci » (une boutique entre la gare Termini et la place de la République, une autre via Cavour à deux pas du Colisée).

Autre solution, le « bike sharing« , ou mise à disposition par un organisme d’un de ces vélos de ville que l’on emprunte et rapporte sur des emplacements réservés à cet effet. A la différence d’autres grandes villes, comme Paris, Barcelone ou Milan, Rome a jusqu’à présent traîné la patte dans ce domaine. Une tentative en 2008 fut assez rapidement abandonnée suite à une mauvaise organisation, une faible demande, des vols répétés de vélos, et un système de location bien trop compliqué.

Mais l’idée du « bike sharing » n’est pas pour autant abandonnée et de nouveaux projets, à l’étude depuis quelques mois, devraient voir le jours prochainement, dont un de bicyclettes électriques dès l’automne 2013.

Restez à l’écoute, nous ne manquerons pas de vous en parler dans un prochain article…

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