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Les Années Saintes Particulières

Les Années Saintes Particulières

L’année sainte est fêtée à Rome tous les 25 ans. Le premier jubilé fut organisé en 1300 par le pape Boniface VIII, 191e pontife (1294-1303) qui suivait à l’extrême la doctrine de la double suzeraineté spirituelle et temporelle, et qui a été l’ennemi déclaré du roi de France Philippe IV Le Bel.

Le roi ne voulait pas renoncer à lever les impôts sur les gens d’église, ce que le pape ne pouvait admettre.

philippe_le_belUne paix temporaire s’était établie entre les deux antagonistes, lors de la canonisation en 1297 du roi de France Louis IX devenu Saint-Louis.

La célébration du premier jubilé fut triomphante. Mais le procès de l’évêque de PamiersBernard Saisset (1301) partisan du pape Boniface VIII contre le roi Philippe IV le Bel déclencha une nouvelle querelle entre les légistes des deux camps, débouchant sur une convocation à Rome d’un synode des évêques français.
Une bulle papale Unam Sanctam affirma la suzeraineté du pape sur tous les souverains et prononça l’excommunion du roi de France.

Le 7 septembre 1303, le chancelier du roi, Guillaume de Nogaret est envoyé par le souverain français pour arrêter le pape, ce qui fut fait.

Les portes de la résidence pontificale à Anagni sa ville natale, furent enfoncées par une troupe de sbires qui se saisirent brutalement de sa sainteté Boniface VIII. Le pape ne résista pas au choc et mourut peu de temps après.

L’attentat d’Anagni est à l’origine des persécutions de l’Ordre des Templiers, des procès, des condamnations en nombre et de la suppression de l’Ordre (1307-1314).

bonifaceVIIIL’avènement du premier jubilé, organisé par le pape, Boniface VIII qui eut un écho retentissant dans le monde chrétien est, en fait, issu de la réputation d’une fête juive qui portait le même nom et qui avait lieu tous les cinquante ans.

C’est à partir de l’année 1500 que le franchissement rituel de la « porte sainte » eut lieu à Saint-Pierre de Rome, bien que la basilique, en ce temps, soit le plus grand chantier en cours en Europe.

Il a été dit que lorsque le pape Alexandre VI (1492-1503) frappa le mur de son marteau d’argent il fallut dégager les pierres pour permettre au pape de pénétrer dans d’édifice.

C’est aussi, pour l’année sainte 1500, qu’un artiste encore inconnu, Michel Angelo Buonarroti, plus tard Michel-Ange, livra pour la chapelle Sainte Pétronille de la basilique, une statue de marbre d’une texture fine incomparable, chef-d’oeuvre qui surclassa toutes les oeuvres connues, symbole d’une créativité moderne, d’une victoire du nouveau sur l’héritage antique, fascinant duo de la beauté et de la mort : la Pieta.

L’année sainte 1500 vit arriver plus de deux cents mille pèlerins venant du monde entier pour s’agenouiller sur la place.

cesar_borgiaIls assistèrent à des fêtes somptueuses, dans un faste inégalé. Mais ils eurent aussi l’écho des crimes des Borgia. Le pape Alexandre VI Borgia (1492-1503) père de deux enfants naturels, Cesare, fait cardinal à 16 ans et Lucrèce, exigeait un paiement élevé de la part des pèlerins pour la rémission de leurs péchés. De nombreuses lettres d’indulgence circulaient dans toute l’Europe, à l’intention de ceux qui ne pouvaient faire le déplacement.

Alexandre VI fit organiser un carnaval en l’honneur de son fils Cesare, qui resta dans les mémoires.

En juin, une corrida sanglante, le jour de la Saint-Jean eut lieu sur la place Saint-Pierre. On raconta que Cesare avait tué le taureau d’une seule main et d’un seul coup d’épée. Mais il ne tuait pas qu’aux fêtes tauromachiques.

En juillet l’époux de Lucrèce, le prince de Bisceglie, fut grièvement blessé, dans un guet-apens, sur les marches de Saint-Pierre. Transporté au château Saint-Ange, et bien que gardé, il ne put échapper à Cesare qui se rendit à son chevet et l’étrangla. Lucrèce quitta Rome avec ses six cents serviteurs.

Cette année là, le pape nomma douze cardinaux.

L’afflux massif des pèlerins obligea à un parcours déterminé pour canaliser les flots. Aux tombeaux des apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs, s’ajoutaient Sainte-Marie-Majeure, depuis 1439 et les catacombes sur la via Appia. De nouveaux axes furent aménagés pour les défilés.

Le parcours des confessions et des prières pouvait s’accomplir en deux jours. Ceux qui voulaient être assurés d’un pardon total empruntaient quinze fois l’itinéraire et même trente fois, en acquittant les oboles imposées.

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