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Michel-Ange, incomparable génie

Michel-Ange, incomparable génie

Michelangelo Buonarroti, de petite noblesse florentine, naît le 6 mars 1475, dans la maison du Podestat de Caprese, dans la vallée du Tibre. Sa vie fut longue. Il mourut à 89 ans, le 18 février 1564, fort considéré par tous ses contemporains.

michel_ange_autoportraitSa mère mourut lorsqu’il avait six ans. De ce deuil précoce, il resta mélancolique et même misanthrope.

Mauvais élève, il n’aspirait qu’à se rendre dans les églises pour étudier les peintures et les sculptures qui s’y trouvaient.

C’est son ami d’enfance, Francesco Granacci, qui le présenta à son célèbre maître Ghirlandaio, lorsqu’il eut treize ans. Mais il quitta l’atelier un an après, en 1489.

Ses premiers dessins montrent combien ses interprétations allaient vers la monumentalité, ce que Ghirlandaio appréciait peu.

Il fréquente alors le Jardin de San Marco à Florence, où Laurent de Médicis  »le Magnifique » avait une splendide collection de statues antiques. Michel-Ange s’initia ainsi tout jeune à la sculpture et la situera au sommet de la hiérarchie des arts.

Laurent de Médicis le remarque et en fait rapidement un familier du palais où un grand nombre d’intellectuels forment la cour de la famille du mécène.

C’est à cette époque qu’il sculpte La Vierge à l’Escalier et Le Combat des Centaures. Il perfectionne son goût de l’art et enrichit ses connaissances.

Après la mort de Laurent en 1492, il retourne à la maison paternelle de Caprese. Il suit les sermons de Savonarole qui l’impressionnent, car ils prônent la nécessité d’une réforme de l’Eglise catholique et romaine. Il situe le salut de son âme au centre de ses préoccupations intellectuelles et artistiques.

Il se déplace plusieurs fois de Florence à Rome, de 1496 à 1504, suit des leçons d’anatomie, procède à des dissections.

La statue d’Hercule est de cette période.

Il assimile l’influence de Giotto, de Donatello. Il entre en contact avec des humanistes, comme Pic de la Mirandole, qui lui inculquent les principes d’un syncrétisme, entre la sagesse grecque et la foi chrétienne.

En 1494 il part à Venise, puis à Bologne et à Rome où il reste jusqu’en 1501, sans approcher le pape Alexandre VI Borgia.

Il sculpte la célèbre Piéta, chef-d’oeuvre de naturalisme, en marbre, « qu’aucun maître n’aurait pu faire ».

Il revient à Florence pour quatre ans (1501-1504). Léonard de Vinci y réside aussi, ce qui stimule son activité artistique.

De cette période date, entre autre, La Vierge et l’Enfant, qui est à Bruges, et le David, marbre gigantesque que détient la Galerie de l’Académie de Florence, symbolisant la force et la colère, véritablement divinisé. Michel-Ange en assure la taille dans un bloc de marbre très haut et très étroit, jugé inutilisable par d’autres sculpteurs.

mose_michel_ange_400-300x201En 1505, le pape Jules II sur les conseils de Giuliano da Sangallo, architecte du Vatican, appelle Michel-Ange à Rome pour lui confier le projet de son futur tombeau.

Harassé de travaux et de projets, l’artiste ne le terminera que 40 ans après, ne cessant de répéter que cette oeuvre gigantesque « où il avait perdu sa jeunesse, lui avait empoisonné la vie« .

Il avait presque envisagé d’émigrer en Turquie où le sultan lui proposait la construction d’un pont à Constantinople.

Le pape Jules II désirait également que Michel-Ange s’attache à la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine du palais du Vatican. L’artiste hésitait. Non seulement cet ouvrage l’aurait détourné du tombeau, mais l’aurait surtout fait aborder une technique picturale, la fresque (sur plâtre frais), dont il n’avait pas l’expérience.

Sur les instances du pontife, il accepta néanmoins la charge, en 1508, ayant carte blanche.

Il y prend un tel intérêt qu’il imagine un projet très complexe, pour lequel il désire la collaboration de son ami de Florence, Granacci. Mais il s’en débarrassera rapidement, préférant continuer seul la réalisation d’une oeuvre exceptionnelle, qui deviendra légendaire.

Il dut d’ailleurs l’interrompre pendant un an, étant tombé malade.

Le pape Jules II meurt en 1512, soudainement, et Michel-Ange reprend le projet du tombeau, en accord avec les exécutants testamentaires.

De 1513 à 1516, il sculpte deux des quatre esclaves prévus pour le tombeau (ils sont au Louvre à Paris) et le grandiose Moïse, toujours à Rome, à San Pietro in Vincoli.

Le pape Léon X Médicis, qui apprécie l’artiste, le charge de l’exécution de la façade de la basilique San Lorenzo de Florence, qui ne sera jamais réalisée, parce que remplacée par la commande d’une chapelle funéraire dans l’église.

michel_ange_jugement_dernier1-270x300Il devra aussi assurer, en 1524, la construction de la bibliothèque des Médicis attenante à San Lorenzo, après avoir terminé les tombeaux de cette famille.

Rome étant saccagée en 1527, il faudra attendre la réconciliation du pape Clément VII avec l’empereur Charles Quint, pour voir Michel-Ange se remettre au service de la cité. Il est nommé gouverneur général des fortifications.

Il continue à répondre à d’autres demandes. Le duc de Ferrare lui commande la peinture de Leda et le Cygne.

En 1530 Paul III Farnèse commandite la décoration du mur d’autel de la chapelle Sixtine qui sera le Jugement Dernier. Ce pontife le nommera « Peintre, Architecte et Sculpteur des Palais du Vatican ».

Son père meurt en 1534, il ne quittera plus Rome. La décoration de la chapelle Pauline lui échoit, ainsi que l’achèvement du Palais Farnese doté d’une puissante corniche. Mais des travaux gigantesques s’annoncent. Michel-Ange établit les plans du dôme de la basilique Saint-Pierre (1547).

Il aménage le projet de Sainte-Marie-des-Anges dans les Thermes de Dioclétien.

Accaparé par tant de responsabilités, il réduit au maximum l’oeuvre du Tombeau de Jules II qui ne comportera plus, dans le 6ème projet, que trois statues sur les quarante qui avaient été prévues : Lia, Rachel et Moïse, terminés en 1545.

Tombant malade, il ralentit encore ses travaux (1545-1550) puis développe une nouvelle esthétique et oeuvre en
recherchant l’influence des maîtres de Venise.

capitole_placePour Jules III (1550-1555) il achève au Vatican la grande cour du Belvédère, termine Sainte-Marie-des-Anges (1561) et surtout conçoit l’ordonnance de la Place du Capitole, dans un effet perspectif, en la dotant de deux palais latéraux aux façades colossales.

Il ne sculpte plus que pour lui-même, exécutant dans les dernières années trois Piéta, celle du Dôme de Florence, celle de Palestrina que détient l’Académie de Florence, et celle de Rondanini, inachevée, qui est à Milan.

Le 18 février 1564, à 89 ans, après cinq jours de maladie il s’éteint dans les bras du peintre Volterra.

Sa dépouille mortelle est reçue à Florence où des funérailles solennelles sont faites à San Lorenzo, l’église des Médicis.

Sa gloire était déjà consacrée par le livre majeur de Vasari, son fervent admirateur, (1550) et sa bibliographie par Condivi (1553).

michel_ange_volterraPortrait de l’artiste
Pour ce qui est de son personnage, on peut évoquer sa petite taille, sa largeur d’épaules, ses courtes jambes. Il était assez laid, avec un nez épaté, cassé par un coup de point de Torregiani, des cheveux crépus. Il était très complexé par son manque d’allure.

D’un caractère ombrageux, il était jaloux de sa liberté de célibataire convaincu.

Ses servantes le grugeaient et le quittaient rapidement. Aussi se contentait-il d’un logement modeste, bien qu’il soit fort riche, en ne dépensant que le strict nécessaire.

Il était avare, mais dotait volontiers des jeunes fille pauvres.

Son manque d’aménité lui fit des ennemis, mais il eut cependant beaucoup d’amis qui lui restèrent attachés.

Il considérait son art comme une activité de dilettante ce qui fut la cause de son désaccord avec Léonard de Vinci, pour qui il exprima des critiques d’une grande sévérité.

Il ne tolérait aucune collaboration, étant conscient de ses qualités d’innovateur, se faisant une haute idée de sa condition de grand artiste.

Il participa profondément à l’esprit de la Renaissance.

Les inquiétudes et les angoisses de l’époque se sont projetées dans le dynamisme qu’il conférait au marbre.

Né classique, aux accents se rattachant encore au 15e siècle, il finit par créer le Maniérisme.

Il est resté profondément chrétien, se faisant une haute idée des valeurs religieuses. On le sentit proche des idées de la Réforme, mais il ne put jamais renoncer au catholicisme.

Il fut le familier du pape Paul III.

Léon X lui avait décerné le titre de comte.

 

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