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Giorgione, l’énigmatique

Giorgione, l’énigmatique

Le 16e siècle eut un peintre chef de file en la personne de Zorzo (ou Giorgio) de Castelfranco, dit Giorgione, né à Trevise vers 1476-78.

giorgione_trois_philosophesIl était d’humble origine, mais une légende tenace le fit naître d’une famille honorable de Castelfranco, les Barbarella, et le fit mourir d’amour, ce qui fut répété même par Balzac au 19e siècle. On a dit à ce sujet que « chacun fabriquait son propre Giorgione« …

On sait peu de choses de Giorgione.

Il a travaillé à la Salle du Conseil des Dix au Palais des Doges (1507-1508) en même temps qu’il peignait les fresques de la façade du Fondaco dei Tedeschi, le « comptoir des Allemands », sur le Grand Canal, près du pont du Rialto, en collaboration avec son élève Titien.

Lui-même a été l’élève de Giovanni Bellini.

Giorgione est mort de la peste en 1510 à 34 ans environ.

Sa brève carrière d’une dizaine d’années eut toutefois une influence importante sur l’art de la peinture à Venise.

giorgione_lauraLa liste des oeuvres reconnues comme étant de lui se limiterait à douze.

Son catalogue est assez peu précis. Parmi ces oeuvres on identifie La Tempête (musée de l’Académie à Venise), Les Trois Philosophes (Vienne), La Laura (Vienne), La Judith (Leningrad), Le Portrait du Doge Giustiniani (Berlin), Le Coucher du Soleil (Londres), Le Concert Champêtre (Louvre à Paris), Le Christ portant sa Croix (Venise) et l’Adoration des Mages (Vienne).

On s’accorde à dire que Giorgione fit une oeuvre mystérieuse.

Ses toiles développent une atmosphère d’indécision qui en fait le charme troublant.

Il s’oppose aux contours précis de Bellini et de Mantegna par une impression de flou, une suppression des lignes, même celles qui concernent les personnages centraux.


Ce style nouveau donne naissance à des tableaux énigmatiques comme la Tempête que l’on admire au Musée de l’Académie.

A lui seul, ce tableau illustre la nouveauté picturale d’un artiste, élève de Bellini, dans l’atelier duquel il assimile le traitement de la lumière.

Le paysage vibrant de la Tempête accompagne la soudaine clarté de l’éclair irradiant.

Giorgione peignait directement avec les couleurs imprégnant les pinceaux, sans passer par le dessin préalable.

giorgione_01

Il rencontra à Venise des artistes flamands et allemands, le peintre Dürer en particulier de qui il apprit la représentation minutieuse du paysage.

Il influença profondément l’école vénitienne et l’art de Titien notamment.

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