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Les Bellini, peintres du 15e siècle

Les Bellini, peintres du 15e siècle

Jacopo Bellini travailla avec ses deux fils et son gendre Mantegna, à la transition vers « l’art nouveau » et s’y forgea une grande réputation. Il tenta d’enrichir le gothique international.

Malheureusement, nombre de ses oeuvres ont disparu. Ses recueils de dessins qui sont conservés à Londres et à Paris, révèlent une volonté de contribuer aux recherches nouvelles de la peinture.

Jacopo Bellini (1400-1470) eut deux enfants de son épouse, une fille qui épousera le peintre formé dans son atelier, Andrea Mantegna et un fils, Gentile. Il eut ensuite un fils illégitime Giovanni, proche de ses deux autres enfants, qui reçut l’enseignement de l’atelier de son père, avec son frère et son beau-frère.

gentile_bellini_sultanGentile Bellini est né en 1429. Sa première oeuvre est signée de 1465. Il fut excellent dans l’art du portrait et devint vite le peintre officiel des Doges et de la Cour. A ce titre, il fut comblé d’honneurs. La République et les riches Scuole lui firent de nombreuses commandes.

Venise l’envoie en représentation officielle à Constantinople devenue en 1453 Terre des Turcs, où il séjourne durant un an. Il y peint le portrait du Sultan Mahomet II, qui appartient à la National Galery de Londres.

Il séjourna aussi en Egypte, ce qui lui permit d’introduire une note d’orientalisme dans ses oeuvres.

Il influença par sa forte personnalité le peintre Carpaccio comme tous les autres élèves qui travaillèrent à ses côtés.

Il fut le peintre narratif de Venise, dans ses représentations précises de la ville, de ses monuments, de ses rues, de ses canaux comme, par exemple la célèbre Procession sur la Piazza San Marco (1496) et le Miracle de la Croix au pont de San Lorenzo (1500).
En 1474, il avait restauré et décoré la salle du Grand Conseil du Palais des Doges, mais le grand incendie de 1577 détruisit le cycle consacré à la Paix entre le Pape Alexandre III et l’Empereur Frédéric Barberousse.

Il meurt en 1507. Son dernier tableau, la Prédication de Saint Marc à Alexandrie fut achevée par son frère Giovanni Bellini.

Procession sur la Piazza San Marco (1496)

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Giovanni Bellini
Giovanni Bellini (1430-1516). Fils illégitime, il naît vers 1430 et eut, au départ, une vie des plus modestes. On n’en sait que peu de choses. Il se maria, n’eut qu’un fils. La mère et le fils moururent avant lui.

Peu de dates peuvent être citées, en ce qui le concerne. La modestie de son existence fit qu’il ne signait même pas ses premières oeuvres.

giovanni_bellini_dogeOn peut donc difficilement suivre son évolution artistique dans l’histoire de la peinture vénitienne, bien qu’il soit considéré comme l’un des plus grands peintres. L’influence de Mantegna fut déterminante.

Il participa à la décoration des salles du Palais des Doges mais ses oeuvres disparurent comme celles de son frère Gentile Bellini, lors du grand incendie de 1577.

Seuls les tableaux de chevalet sont parvenus jusqu’au monde moderne; il nous a laissé beaucoup de portraits et des sujets mythologiques et allégoriques.

Giovanni fut très sensibilisé par l’image de la Vierge et l’enfant Jésus, sujet dont il sut tirer de nombreuses variations sensibles et émouvantes.

Les premières madones, aux coloris clairs sur fond de ciel lumineux ne sont encore pas très éloignées des icones byzantines.
En adoptant la technique de la peinture à l’huile, il put renforcer le jeu vibrant de la lumière et les effets de réverbération sur le corps.

Les églises de Venise détiennent certaines de ses oeuvres principales :

  •  Le retable de San Giobbe, dans un lyrisme de couleur.
  •  Le Triptyque de l‘église des Frari, la Vierge du Doge Barbarigo à l’église Saint Pierre de Murano, la Sainte conversation à San Zaccaria, le tableau d’autel de Saint Jean Chrysostome, Saint Jérôme, Saint Christophe et Saint Augustin à l’église Santa Maria et San Donato de Murano est une de ses dernières commandes, un chef-d’oeuvre dans l’organisation chromatique.

giovanni_bellini_viergeIl répondit à des commandes multiples mais refusa les contrats qui ne lui permettaient pas de s’en tenir à ses thèmes préférés

A sa mort, il laissa inachevé le Martyre de Saint Marc que l’on peut admirer à l’hôpital de la Scuola di San Marco, à Venise.

Le peintre allemand Dürer qui était son ami, a écrit que, tout âgé qu’il était (86 ans), il était encore le meilleur des peintres de Venise.

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