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La Lagune de Venise

La Lagune de Venise

Plusieurs grandes étendues d’eau, à la fois bras de mer, étangs, estuaires, se trouvent en bordure des côtes nord-ouest de l’Adriatique. C’est dans cette zone méditerranéenne enclavée que se jette le Pô, qui arrive à la mer par tout un réseau de petites rivières marécageuses.

D’autres torrents dévalent des contreforts alpins, perdent leur force et s’étalent vers la mer en larges lits de cailloux. La Brenta, le Piave, le Sile, l’Adige et quelques autres rivières ont creusé un entrelas aquatique qui a formé la lagune vénitienne.

Les alluvions entraînées sont chargées de sables, de boues, de vase, de pierres, arrachés par le courant des eaux qui aboutissent à la mer en déposant un fond de matériaux naturels formant des barrières, des digues surélevées de sédiments.

La mer ajoute ses propres alluvions, des îles se forment, d’abord des petits îlots isolés de sable et de graviers, puis des espaces plus larges garnis peu à peu d’herbes, de joncs, de roseaux et d’arbres.

Les courants d’eau douce et d’eau de mer s’équilibrent. Une étendue marécageuse protégée par d’étroits bancs forme la lagune.

La lagune de Venise, à la forme de croissant, mesure environ cinquante kilomètres de long et onze de large.

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Lorsque les premiers pêcheurs et sauniers s’installent sur ces îlots, pour fuir l’envahisseur, ils consolident les bancs de sable et de boue à l’aide de palissades de bois et de pierres.

Constamment on consolide, on répare, on reconstruit.
Puis ils construisent des murailles de pierres et modifient la géographie du lieu en éliminant quelques-unes des brèches des cordons littoraux faisant communiquer la mer et l’étang, et en ne laissant que trois entrées, trois « passes » qui sont modelées et approfondies pour accroître la puissance du courant de marée nettoyant la lagune et faisant diminuer la malaria.

De grands travaux d’aménagement sont ensuite entrepris pour dériver de leur cours naturel les rivières Brenta, Sile et Piave et les diriger vers des canaux aboutissant hors des limites de la lagune.

Ce furent des travaux gigantesques (les plus grands de tout le Moyen-Age) car le maintien des rivières détournées dans leurs nouveaux cours artificiels, où on les confinait, exigeait des endiguements colossaux.

Afin de rendre malgré tout possible la navigation, on aménagea un système permettant de passer au-dessus de la digue pour tirer les chalands de la lagune à la rivière Brenta. Des chevaux, à l’aide de treuils et de poulies, hissaient les barques par-dessus la digue.

Ce détournement des rivières stoppa les apports de sables et de vases.

De nos jours, l’Administration des Eaux est toujours vigilante pour la surveillance de l’état des remparts au regard des effondrements et de l’ensablement. Constamment on consolide, on répare, on reconstruit.

Les dragueurs agissent dans les grands canaux qu’il faut protéger à la fois de la mer et de la terre, car si la barrière des îles extérieures ne jouait plus son rôle, Venise pourrait être submergée. Si inversement la lagune s’ensablait, les canaux seraient obstrués.

Les vénitiens s’endorment chaque soir sachant que le sort de leur ville dépend du travail des hommes.

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