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La riva degli Schiavoni

La riva degli Schiavoni

En un lieu si proche de San Marco, on quitte le quartier du Castello, mais on ne peut s’en éloigner sans évoquer l’une des plus prestigieuses promenades qu’il offre le long du bassin de Saint Marc, sur la rive des Schiavoni et la rive des Sept martyrs (riva dei sette martiri).

La rive des Esclavons (Slaves et Dalmates) est un des lieux où l’on ressent le plus intensément la radieuse majesté de la cité maritime.

L’activité constante que l’on y voit est due au joyeux ballet des vaporetti, des remorqueurs, des motoscafi, des motonave qui sillonnent le miroir de l’eau.

san giorgio

Elle est due aussi à l’animation des touristes tassés aux terrasses des brasseries et au courant piétonnier qui résulte, dans une gaieté mouvante, de l’univers des embarcadères.

Ce quai long de cinq cents mètres longe, après le Pont des soupirs et les Prigioni (prison d’Etat), le célébrissime hôtel DanieliGeorge Sand et Musset abritèrent leurs amours éphémères. Il se prolonge jusqu’aux Jardins publics, plus à l’est, par la rive des Sept martyrs (sette martiri) et la viale Vittorio. On peut les parcourir paresseusement pour en augmenter le charme.

La beauté du bassin est presque indescriptible tant les métamorphoses des couleurs se succèdent au long du jour et au coucher du soleil, jusqu’à l’améthyste et au velours du soir.

Il faut en goûter la splendeur « comme un final de grand opéra« .

Il faut regarder, à droite les palais et les églises, à gauche les îles de la Grazia et de San Servolo, le lointain Lido, au fond le clocher de San Giorgio, la boule d’or de la Douane de mer et les coupoles de la Salute, comme un somptueux tableau de Canaletto.

 

De la Pieta à San Zaccaria

Par un saut de puce qui fait franchir le rio di San Antonin, on se trouve à la très célèbre église de la Pieta, sur la rive degli schiavoni, face au bassin de Saint Marc.

 

L’Eglise de la Pieta
Ce sanctuaire appartenait au plus renommé des orphelinats de Venise, fondé en 1346 comme Ospizio degli esposti (hôpital des enfants abandonnés) sous la haute protection du Pape et du Doge.

Cet hôpital attachait, comme les autres établissements, une grande importance à l’éducation musicale des jeunes pensionnaires.

Pieta

Au 18e siècle sous la conduite d’Antonio Vivaldi, maître de chapelle, les concerts donnés par le choeur des orphelines faisaient accourir les mélomanes de l’Europe entière à la Pieta où se donnaient d’innombrables opéras nouveaux pendant les mois de Carnaval.

L’église fut reconstruite par Massari en 1740, et remaniée sur un plan ovale pour lui donner une acoustique incomparablement idéale.

On y donne maintenant, tout au long de l’année de nombreux concerts dont les oeuvres interprétées sont, pour une bonne part, d’Antonio Vivaldi.

 

L’Eglise San Zaccaria
Encore un saut de puce qui rapprochera du haut lieu de San Marco, pour aller contempler la magnifique église de San Zaccaria, en traversant le rio de San Lorenzo.

Elle est située sur une place tranquille, délicieuse et ombragée d’acacias, ornée d’une jolie vera (margelle).

Le sanctuaire original est du 9e siècle, par Gambello et Codussi auxquels est due la magnifique façade Renaissance, de six étages, l’une des plus somptueuses de Venise dans le style véneto-byzantin, avec ses fenêtres en ogive coiffées au sommet du dernier étage d’une puissante arche où s’appuient les arcs-boutants.
Sur le frontispice se voit aisément le passage d’un style Haute Renaissance encore gothisant à un style Renaissance pur.

San Zaccaria

Le campanile du 13e siècle est de style véneto-byzantin.
L’église sert d’écrin à de nombreux trésors artistiques. Il faut citer la Vierge et les Saints dit « Pala di San Zaccaria« , de bois garni de toile, de cinq mètres de haut, retable créé en 1505 par Bellini alors âgé de 77 ans. Les personnages ont des vêtements où se mêlent des couleurs somptueuses de rouge et de brun.
Dans la première église du 9e siècle, le choeur et l’abside forment la chapelle de San Terasio, dont la voûte fut décorée à fresques par Andrea del Castagno (1421-1457) montrant des scènes de l’ancien et du nouveau testament, les quatre évangélistes et la Vierge. L’oeuvre est due à des artistes toscans.

Au nord de la placette, le conventino (petit couvent) a connu quelques aventures du célèbre Casanova.

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